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La Presse en Parle

9 avril 2021

Les ECHOS du Vendredi 9 Avril 2021 / Cerberus : comment le futur repreneur d’HSBC France pousse ses pions en Europe

En né­go­cia­tions avec le groupe bri­tan­nique pour ra­che­ter son ré­seau fran­çais, le fonds amé­ri­cain Cer­be­rus a mul­ti­plié les ac­qui­si­tions ban­caires à la li­mite de la faillite en Eu­rope. Avec des suc­cès et son lot d’in­quié­tudes.

C’est un nom avec le­quel il va fal­loir comp­ter dans la re­struc­tu­ra­tion du sec­teur ban­caire eu­ro­péen. A Paris, les né­go­cia­tions vont bon train entre l’Amé­ri­cain Cer­be­rus et le Bri­tan­nique HSBC qui veut céder son ré­seau comp­tant 230 agences et 4.000 sa­la­riés. Les syn­di­cats voient dans le fonds amé­ri­cain, choisi mi-mars, la moins mau­vaise, si ce n’est la meilleure des op­tions pour l’éta­blis­se­ment, face aux craintes de coupes d’ef­fec­tifs.

A Franc­fort, se joue une tout autre his­toire. Au ca­pi­tal des deux pre­mières banques al­le­mandes en dif­fi­cul­tés de­puis 2017, Com­merz­bank (5 %) et Deutsche Bank (3 %), le fonds exerce une forte pres­sion, exige le dé­part de di­ri­geants, pousse ses can­di­dats, et veut sa­brer les coûts. Quitte à prendre de front les syn­di­cats, en pous­sant pour une fu­sion des deux géants, avec 30.000 sup­pres­sions de postes à la clé.

Le bras de fer s’est en­core durci ces der­nières se­maines chez le nu­méro deux al­le­mand. Après le dé­part du di­ri­geant Mar­tin Zielke – trop me­suré dans ses ré­duc­tions de coûts pour l’in­ves­tis­seur amé­ri­cain -, puis mi-mars du pré­sident du conseil Hans-Jörg Vet­ter contesté par Cer­be­rus, un plan de 10.000 ré­duc­tions de postes est dé­clen­ché.

« Nous n’ap­pré­cions tou­jours pas la stra­té­gie ni les mé­thodes de Cer­be­rus. En réa­lité, nous ne pen­sons pas qu’ils com­prennent vrai­ment com­ment les banques al­le­mandes marchent. Du reste, Cer­be­rus n’a pas ob­tenu à ce jour de re­pré­sen­tant au conseil, aucun des fu­turs membres ne sont ses ‘amis », com­mente aux « Echos », Ste­fan Witt­mann, re­pré­sen­tant des sa­la­riés au conseil de sur­veillance de Com­merz­bank et se­cré­taire du syn­di­cat Verdi.

Le co­losse amé­ri­cain a le temps pour lui. Au­jour­d’hui à la tête de 53 mil­liards de dol­lars d’ac­tifs, Cer­be­rus a at­tendu douze ans avant d’en­vi­sa­ger une sor­tie par­tielle du nu­méro quatre de la banque au­tri­chienne Bawag, après lui avoir évité la faillite. Ra­che­tée 3,2 mil­liards d’eu­ros en 2007 au­près de la fé­dé­ra­tion syn­di­cale au­tri­chienne OeGB suite au scan­dale du cour­tier amé­ri­cain Refco, Cer­be­rus acon­duit avec Bawag la plus grande in­tro­duc­tion ja­mais réa­li­sée à Vienne dix ans plus tard, la va­lo­ri­sant 4,8 mil­liards d’eu­ros.

« La réa­lité, c’est que Cer­be­rus vient faire le tra­vail, à com­men­cer par les ré­duc­tions de coûts, que les autres ne veulent pas as­su­mer, y com­pris les Etats », ex­pliquent plu­sieurs fa­mi­liers du fonds dans le sec­teur fi­nan­cier. Et ils s’im­posent par­fois comme le der­nier re­cours avant un sau­ve­tage pu­blic mas­sif . » Cer­be­rus a jus­qu’ici mené la charge, alors que le gou­ver­ne­ment al­le­mand est le pre­mier ac­tion­naire de Com­merz­bank.

Avec l’appui des superviseurs

Cer­be­rus a ainsi conduit des ac­qui­si­tions dans une ving­taine de pays avec l’ap­pui des su­per­vi­seurs. Ceux-ci ap­pré­cient une autre clé des re­struc­tu­ra­tions de Cer­be­rus : per­mettre aux banques qu’il contrôle de ré­duire leurs stocks de cré­dits dou­teux (NPL). « C’est une one-stop-shop, ils se cèdent à eux-mêmes ces cré­dits, li­bé­rant les bi­lans des banques », dit un connais­seur du fonds. Il a ainsi ra­cheté HSH Nord­bank en 2018 pour 1 mil­liard d’eu­ros au­près de la ville-Etat de Ham­bourg et du Land du Schles­wig-Hol­stein. Cer­be­rus a en pa­ral­lèle ac­quis un por­te­feuille de cré­dits dou­teux de la banque, ré­dui­sant de 12 % à 2 % la part de ces créances dans son por­te­feuille.

Une fois pas­sée la cure, Cer­be­rus re­lance les ac­qui­si­tions. L’au­tri­chien Bawag a ra­cheté une banque al­le­mande du sud Sued­west­bank AG et un prê­teur im­mo­bi­lier Deut­scher Ring Baus­par­kasse. En France, re­de­ve­nue pro­fi­table, l’ex-GE Money a conduit sept ces­sions et ac­qui­si­tions de­puis son ra­chat, comme les ac­tifs de Nova banco en France, et la So­ciété Gé­né­rale de Banque aux An­tilles.

Tout ne réus­sit pas au fonds amé­ri­cain. Cer­be­rus a man­qué de mettre la main sur le bri­tan­nique Co-op Bank. En cause entre autres, disent cer­tains mé­dias, la po­lé­mique des « mort­gage pri­so­ners », des em­prun­teurs coin­cés par les an­ciens taux éle­vés d’un por­te­feuille de 18 mil­liards d’eu­ros de Nor­thern Rock ra­cheté par Cer­be­rus au gou­ver­ne­ment bri­tan­nique.

Ce qui n’in­quiète pas for­cé­ment en France. « Ici, dit confiant Jean-Louis Kiehl, fon­da­teur de Cre­sus, qui lutte contre le sur­en­det­te­ment, ce type de dé­rives est im­pos­sible, compte tenu du cor­set ré­gle­men­taire et lé­gis­la­tif sur le cré­dit. On ne s’y im­pro­vise pas ban­quier ».

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Les ECHOS du Jeudi 18 mars 2021 / HSBC France : le fonds Cerberus en passe de racheter la banque de détail

Le géant bri­tan­nique HSBC va en­trer en né­go­cia­tion avec Cer­be­rus pour lui céder sa banque de dé­tail en France.
Le fonds Ana­Cap, ac­tion­naire des an­ciens ré­seaux de Bar­clays en France, est sorti du pro­ces­sus.

Une page se tourne pour l’an­cien Cré­dit Com­mer­cial de France (CCF), de­puis onze ans sous ban­nière HSBC. Le géant bri­tan­nique va en­trer en né­go­cia­tion avec le fonds amé­ri­cain Cer­be­rus pour lui céder sa banque de dé­tail en France. L’in­for­ma­tion a été confir­mée par plu­sieurs sources aux « Echos », après le re­trait mardi du seul rival du fonds amé­ri­cain, le fonds bri­tan­nique Ana­Cap, ac­tion­naire de Mil­leis, issu de l’ex-Bar­clays France.

Les re­pré­sen­tants du per­son­nel ont été pré­ve­nus mer­credi matin lors d’une réunion avec la di­rec­tion de la banque de cette nou­velle étape de dis­cus­sions en­ga­gées avec Cer­be­rus. Un mes­sage a été en­voyé dans la fou­lée à l’en­semble des sa­la­riés. In­ter­rogé, le groupe n’a pas sou­haité ré­agir.

Dix-huit mois après le lan­ce­ment de sa revue stra­té­gique, les choses s’ac­cé­lèrent donc. Rien n’au­rait été en­core signé selon nos in­for­ma­tions, mais « ce n’est qu’une ques­tion de se­maines, et pas de mois », a as­suré la di­rec­tion de la fi­liale fran­çaise de HSBC aux sa­la­riés.

230 agences concernées

Le pé­ri­mètre concerné en­globe la banque de dé­tail et quelque 230 agences ré­par­ties sur le ter­ri­toire, ainsi que les fonc­tions cen­trales qui vont avec. La fi­liale d’as­su­rance et la ges­tion d’ac­tifs ne font pas par­tie du deal. Elles res­te­ront chez HSBC, tout comme la banque pri­vée et les ac­ti­vi­tés d’en­tre­prises et mar­chés. Au total, près de 4.000 sa­la­riés se­raient donc concer­nés par la re­prise du ré­seau, qui compte par ailleurs 800.000 clients, et 7 à 15 mil­liards d’eu­ros d’ac­tifs pon­dé­rés des risques (selon les mé­thodes ré­gle­men­taires em­ployées). Dans la note en­voyée aux sa­la­riés, que « Les Echos » ont pu consul­ter, la di­rec­tion de HSBC France pré­vient tou­te­fois qu’il n’y a « au­cune cer­ti­tude à ce jour que les dis­cus­sions n’abou­tissent à un pro­jet d’opé­ra­tion ».

Pour l’em­por­ter, Cer­be­rus au­rait de­mandé à HSBC un chèque moins im­por­tant que Ana­Cap, sous forme de sur­ca­pi­ta­li­sa­tion du pé­ri­mètre cédé. Une four­chette de 1 à 2 mil­liards d’eu­ros a été évo­quée lors des dis­cus­sions. Le pro­jet du fonds, déjà ac­tion­naire en France du spé­cia­liste du ra­chat de cré­dit My Money Bank (ex-GE Money, acheté en 2017), n’est pas en­core connu. Le fonds au­rait tou­te­fois déjà donné des gages sur la bonne réa­li­sa­tion de la mi­gra­tion in­for­ma­tique sur sa propre in­fra­struc­ture.

Une opération d’envergure inédite

Il se­rait aussi en­clin à re­prendre la marque CCF, dis­pa­rue en 2005, cinq ans après le ra­chat par HSBC. Une op­tion qui n’était pas for­cé­ment en­vi­sa­gée par Ana­Cap qui mi­sait sur la marque plus jeune de Mil­leis et vou­lait in­ves­tir plus sur l’épargne que le cré­dit. Cer­be­rus avait aussi la pré­fé­rence d’une par­tie des syn­di­cats de HSBC, qui crai­gnaient des coupes d’ef­fec­tifs plus lourdes en rai­son de dou­blons avec le ré­seau de Mil­leis. Cette ces­sion per­met­tra à HSBC de ren­for­cer un peu plus son an­crage vers l’Asie, où le po­ten­tiel de crois­sance est plus fort. Le groupe étu­die par ailleurs une sor­tie des Etats-Unis, où il est pré­sent de­puis 40 ans, mais ac­cu­mule les pertes .

En si­gnant ce ra­chat, Cer­be­rus conclu­rait une opé­ra­tion d’en­ver­gure in­édite pour un fonds en France dans le sec­teur ban­caire. Et pour un prix dé­ri­soire, là où HSBC a mis 11 mil­liards d’eu­ros sur la table en 2000 pour ra­che­ter le CCF. Son ré­seau fran­çais connaît de pro­fondes dif­fi­cul­tés struc­tu­relles.

L’an der­nier, HSBC France (qui in­clut toutes les ac­ti­vi­tés fran­çaises) a ac­cusé une perte de 1,16 mil­liard d’eu­ros, plom­bée par la pan­dé­mie, les coûts de re­struc­tu­ra­tion et une charge fis­cale ex­cep­tion­nelle. Le sec­teur ban­caire, pé­na­lisé par un contexte de taux bas, souffre par ailleurs de va­lo­ri­sa­tions très faibles.

Poids lourd des fonds d’in­ves­tis­se­ment spé­cia­li­sés dans la re­struc­tu­ra­tion et le sec­teur fi­nan­cier, Cer­be­rus gère quelque 50 mil­liards de dol­lars d’ac­tifs et a mul­ti­plié les ac­qui­si­tions en Eu­rope ces der­nières an­nées. En 2007, il avait acheté la cin­quième banque au­tri­chienne Bawag pour 4,3 mil­liards de dol­lars, puis neuf ans après mis 1 mil­liard d’eu­ros sur la table pour re­prendre l’ex-banque pu­blique HSH Nord­bank. Ces der­niers mois, il s’est fait par­ti­cu­liè­re­ment of­fen­sif entre sa mon­tée en puis­sance dans Com­merz­bank dont il dé­tient 5 %, et sa can­di­da­ture au ra­chat du bri­tan­nique Co-op Bank et ses 3,3 mil­lions de clients.

Cerberus, un amateur de paris risqués dans la finance

Fondé au début des an­nées 1990 par Steve Fein­berg, le fonds amé­ri­cain, près de re­prendre 4.000 sa­la­riés de HSBC France, s’est bâti une ré­pu­ta­tion de dur en af­faires et ama­teur de si­tua­tions dif­fi­ciles dans le sec­teur fi­nan­cier.

Son nom tient du chien à trois têtes, gar­dien de la porte des en­fers dans la my­tho­lo­gie grecque. De­puis sa créa­tion par Steve Fein­berg en 1992, Cer­be­rus en­tre­tient le mys­tère. De son mo­deste hedge fund spé­cia­lisé dans la dette en dif­fi­culté, lancé à l’âge de 32 ans, le fi­nan­cier élevé dans le Bronx a fait avec son as­so­cié William Rich­ter l’une des marques les plus puis­santes du pri­vate equity, pe­sant 50 mil­liards de dol­lars d’ac­tifs.

L’une des plus se­crètes aussi, spé­cia­li­sée dans les re­struc­tu­ra­tions fi­nan­cières au for­ceps, ama­trice de paris à haut risque dans des sec­teurs où la plu­part de ses concur­rents n’osent pas mettre un pied, comme les éta­blis­se­ments fi­nan­ciers en plein ma­rasme, les por­te­feuilles de cré­dit en dif­fi­cul­tés en Grèce ou le fa­bri­cant d’armes Re­ming­ton aux Etats-Unis.

« Ils sont durs dans la né­go­cia­tion, so­phis­ti­qués, très à l’aise dans les dos­siers ré­gu­lés et com­plexes où leur avan­tage com­pé­ti­tif est élevé et où ils peuvent da­van­tage im­po­ser leurs condi­tions », dit un connais­seur du sec­teur.

Et voilà le fonds sur le point de si­gner un ra­chat hors normes : le ré­seau en dif­fi­cul­tés de HSBC France avec 4.000 sa­la­riés et 7 à 15 mil­liards d’eu­ros d’ac­tifs. Un dos­sier que tous les grands noms ban­caires de la place, de BNP Pa­ri­bas à So­ciété Gé­né­rale, ont dé­serté. Son of­fen­sive la plus re­mar­quée, Steve Fein­berg l’a si­gnée en 2006 avec la re­prise de GMAC, le bras fi­nan­cier de Ge­ne­ral Mo­tors, avec un paie­ment en trois ans de 14 mil­liards de dol­lars. Deux ans après, avec le dé­clen­che­ment de la crise fi­nan­cière, Cer­be­rus ob­te­nait avec ses co-in­ves­tis­seurs le sta­tut de hol­ding ban­caire lui don­nant accès à 6 mil­liards de dol­lars d’aide gou­ver­ne­men­tale dans le cadre du Plan Paul­son.

Comme ses pairs, le mil­liar­daire sait en­tre­te­nir ses ré­seaux avec l’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine. Cer­be­rus compte ainsi l’ex-se­cré­taire du Tré­sor John Snow à sa pré­si­dence. Do­na­teur de la cam­pagne de Do­nald Trump, Steve Fein­berg s’était vu dé­si­gné par l’ex-pré­sident à la tête d’un co­mité de su­per­vi­sion des agences de ren­sei­gne­ment amé­ri­caines.

Présent dans tous les secteurs

Cer­be­rus est pré­sent sur tous les sec­teurs, de l’hô­tel­le­rie aux an­nuaires de AT&T en pas­sant par le tex­tile. En France, c’est par le sec­teur ban­caire que le fonds a fait une en­trée sur­prise en 2016, en ache­tant l’ex­pert en ra­chat de cré­dits GE Money. Deux ans plus tard, il met­tait la main sur le groupe de ser­vices aé­ro­por­tuaires WFS pour 1,2 mil­liard de dol­lars.

Mais c’est bien dans le sec­teur fi­nan­cier qu’il s’est bâti une fran­chise in­con­tes­tée, sur­tout en Eu­rope, en ache­tant l’au­tri­chien Bawag ou en s’in­vi­tant au ca­pi­tal de Com­merz­bank et Deutsche Bank pour pous­ser au rap­pro­che­ment entre les deux groupes et for­cer une re­struc­tu­ra­tion dras­tique. 

L’ex-Crédit commercial de France appelé à renaître après un lent déclin

HSBC avait dé­boursé 11 mil­liards d’eu­ros pour s’of­frir la pres­ti­gieuse banque fran­çaise, qui de­vrait être cédée à prix né­ga­tif.

Et si le Cré­dit com­mer­cial de France (CCF) re­nais­sait de ses cendres ? Avec l’ac­cé­lé­ra­tion des né­go­cia­tions entre HSBC et Cer­be­rus pour la vente des ac­ti­vi­tés de banque de dé­tail fran­çaises du groupe sino-bri­tan­nique, cette marque em­blé­ma­tique pour­rait res­sus­ci­ter. Cela fait en effet par­tie des pro­jets du fonds amé­ri­cain.

La marque avait dis­paru des vi­trines des agences en 2005, cinq ans après le ra­chat à prix d’or de la banque fran­çaise par HSBC : 11 mil­liards d’eu­ros. Créé à la fin du XIXe siècle, na­tio­na­lisé en 1982 pri­va­tisé sept ans plus tard, pré­sidé par Mi­chel Pé­be­reau jus­qu’en 1993, le CCF a long­temps été perçu comme une ré­fé­rence du mar­ché.

« C’est une marque por­teuse de va­leurs, qui parle à une clien­tèle pa­tri­mo­niale et qui parle aussi d’un point de vue de mo­der­nité et tech­no­lo­gie », com­men­tait le mois der­nier Jean Beu­nar­deau, di­rec­teur gé­né­ral de HSBC France. Il fau­dra tou­te­fois plus qu’un simple chan­ge­ment de nom pour re­lan­cer la banque de dé­tail de l’ex-CCF.

Une occasion unique

Car la banque n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était lors de son achat par le géant ban­caire bri­tan­nique. En 2000, HSBC avait cassé sa ti­re­lire pour s’of­frir la sixième banque fran­çaise et son cé­lèbre siège sur les Champs-Ely­sées, qu’elle a quitté l’an der­nier. Cette ac­qui­si­tion re­pré­sen­tait alors une oc­ca­sion unique de se dé­ve­lop­per dans la zone euro.

Mais si HSBC a fait de Paris son siège pour l’Eu­rope conti­nen­tale, à la fa­veur du Brexit, la banque a peiné à s’im­po­ser en France. Dès 2008, elle dé­cide de se sé­pa­rer des sept banques ré­gio­nales hé­ri­tées de l’ex-CCF (Banque Chaix, Banque de Sa­voie, So­ciété Mar­seillaise de Cré­dit…), consi­dé­rées comme plus stra­té­giques, et de les vendre aux Banques Po­pu­laires. Avec cette ces­sion, HSBC France voit son ré­seau d’agences ré­duit de moi­tié.

Consi­dé­rée comme un mar­ché clé pour le groupe bri­tan­nique, la France peine néan­moins à sa­tis­faire à ses exi­gences de ren­ta­bi­lité. La fi­liale va en­chaî­ner les plans de re­struc­tu­ra­tion, comme en 2011, avec la sup­pres­sion de 672 postes, prin­ci­pa­le­ment dans la banque de dé­tail, et en 2016 (466 postes, es­sen­tiel­le­ment sur des fonc­tions sup­port).

L’an der­nier, HSBC France a en­core an­noncé deux plans de re­struc­tu­ra­tion suc­ces­sifs dans la banque d’in­ves­tis­se­ment et dans les ac­ti­vi­tés en­tre­prises (qui ne font pas par­tie du pé­ri­mètre de vente), avec à la clef quelque 800 dé­parts au total. Elle a ter­miné l’an­née en perte de 1,16 mil­liard d’eu­ros, pour un pro­duit net ban­caire de 2,12 mil­liards.

La ces­sion, qui de­vrait s’ef­fec­tuer à prix né­ga­tif, s’ins­crit dans la stra­té­gie du groupe. Ce­lui-ci a an­noncé la sup­pres­sion de 35.000 postes dans le monde et son re­cen­trage stra­té­gique sur l’Asie et cer­tains mé­tiers comme la ges­tion de for­tune, alors que l’en­vi­ron­ne­ment de taux bas en Eu­rope pèse sur les per­for­mances de toutes les grandes banques.


THOMSON REUTERS du Mercredi 17 Marsr 2021 – HSBC dans la dernière ligne droite pour la vente de sa banque de détail Française à Cerberus

HSBC HLDG-CER­BE­RUS/M&A (LEAD 1) : LEAD 1-HSBC dans la der­nière ligne droite pour la vente de sa banque de dé­tail fran­çaise à Cer­be­rus-source

LONDRES, 17 mars (Reu­ters) – Les dis­cus­sions sur la vente des ac­ti­vi­tés de banque de dé­tail en France de HSBC à Cer­be­rus sont en­trées dans leur phase fi­nale, a-t-on ap­pris mer­credi de source proche du dos­sier.

HSBC avait déjà in­di­qué que sa banque de dé­tail en France fai­sait l’ob­jet d’une revue stra­té­gique.

L’éven­tuelle ces­sion s’ins­cri­rait dans la stra­té­gie du di­rec­teur gé­né­ral de HSBC, Noel Quinn, qui sou­haite ré­duire les coûts du groupe ban­caire.

Les dis­cus­sions sont su­bor­don­nées au prix et aux termes de l’ac­cord et ne dé­bou­che­ront pas né­ces­sai­re­ment sur une vente, a dé­claré la source.

Une porte-pa­role de HSBC s’est re­fu­sée à tout com­men­taire tan­dis que Cer­be­rus n’était pas joi­gnable dans l’im­mé­diat.

Reu­ters avait rap­porté en sep­tembre der­nier que Cer­be­rus et une autre so­ciété d’in­ves­tis­se­ment res­taient les seuls can­di­dats en lice pour cette ac­ti­vité après la dé­fec­tion de banques fran­çaises.

HBSC tra­vaille avec la banque La­zard en vue de la ces­sion des 270 agences du groupe bri­tan­nique en France mais la com­plexité de la re­struc­tu­ra­tion et des né­go­cia­tions avec les au­to­ri­tés de ré­gu­la­tion ont re­froidi plu­sieurs ac­qué­reurs po­ten­tiels.

La re­prise de l’ac­ti­vité en France pour­rait se faire à un prix sym­bo­lique avec une re­ca­pi­ta­li­sa­tion par HSBC d’au moins 500 mil­lions d’eu­ros, né­ces­saires pour fi­nan­cer sa re­struc­tu­ra­tion, avait pré­cisé les sources en sep­tembre. (Law­rence White et Arno Schuetze, avec Pa­mela Bar­ba­glia et Gwe­naelle Bar­zic ; ver­sion fran­çaise Ni­co­las De­lame et Lae­ti­tia Volga, édité par Blan­dine Hé­nault)


Les Echos du 12 Fevrier 2021 – La vente d’HSBC France s’accélère

Le fonds bri­tan­nique Ana­Cap, ac­tion­naire de Mil­leis, re­vient en force face à l’amé­ri­cain Cer­be­rus pour lui dis­pu­ter l’ac­qui­si­tion des ré­seaux en France de la banque bri­tan­nique.

Der­nière ligne droite pour la vente de HSBC France. En­lisé il y a en­core quelques mois, le pro­ces­sus de ces­sion en­gagé en sep­tembre 2019 est re­parti à la vi­tesse su­pé­rieure. D’ici au 23 fé­vrier, date de ses ré­sul­tats, le groupe bri­tan­nique a as­suré en in­terne qu’il tran­chera sur l’ave­nir des quelque 4.000 à 5.000 sa­la­riés de ses ré­seaux et de la banque pri­vée dans l’Hexa­gone.

Mais pour le fonds amé­ri­cain Cer­be­rus, qui te­nait la corde ré­cem­ment, la donne a quelque peu changé. De sources concor­dantes, Ana­Cap, l’ac­tion­naire bri­tan­nique de la banque Mil­leis (ex-ré­seaux Bar­clays en France) re­vient en force dans le pro­ces­sus d’en­chères. Epaulé de­puis peu par la banque d’af­faires de BNP Pa­ri­bas, le fonds compte plus que ja­mais l’em­por­ter.

Après plu­sieurs exer­cices en perte de­puis sa sor­tie du giron de Bar­clays en 2016, Mil­leis veut écrire une nou­velle page de son his­toire. Les offres d’ac­qui­si­tion re­çues de So­ge­cap et Blacks­tone il y a quelques mois pour son pôle as­su­rance-vie se sont ré­vé­lées en deçà de ses at­tentes. Cette piste, qui lui au­rait per­mis de bas­cu­ler vers un mo­dèle de pla­te­forme de dis­tri­bu­tion de pro­duits fi­nan­ciers, dé­sor­mais re­fer­mée, Mil­leis tra­vaille à un autre scé­na­rio : se ren­for­cer pour de­ve­nir un ac­teur ban­caire à part en­tière. Quoi de mieux, dès lors, que de don­ner une nou­velle im­pul­sion à l’ex-puis­sante marque CCF, au coeur du pro­ces­sus de vente lancé par HSBC ?

Une renaissance de l’ancien CCF

Mais rien n’est fait pour Ana­Cap, qui vient de re­vendre sa banque tchèque Equa à l’au­tri­chien Raif­fei­sen Bank. Au-delà du prix – qui pour­rait s’avé­rer né­ga­tif compte tenu des dif­fi­cul­tés de HSBC à ren­ta­bi­li­ser son ré­seau -, « le gros enjeu, c’est la condi­tion posée par HSBC d’une bas­cule in­for­ma­tique très ra­pide, voire dès le jour du clo­sing », dit un proche du dos­sier.

Or Mil­leis a mis plus de trois ans à réa­li­ser la mi­gra­tion in­for­ma­tique de­puis sa sor­tie du giron de l’ex-banque Bar­clays. L’opé­ra­tion vient de se fi­na­li­ser il y a une di­zaine de jours. Quelques blocs res­tent en cours d’exé­cu­tion, pré­cise une source proche du dos­sier, as­su­rant ce­pen­dant qu’« il n’y aura qu’à dé­bran­cher le ré­seau de HSBC France pour le bran­cher sur celui de Mil­leis ».

Si Ana­Cap l’em­por­tait sur Cer­be­rus, il s’agi­rait d’un vrai re­tour de l’his­toire : Mil­leis est en effet l’hé­ri­tage du ré­seau Bar­clays en France, lui-même issu du ra­chat par la banque bri­tan­nique de l’Eu­ro­péenne de Banque (la banque de David de Roth­schild na­tio­na­li­sée sous Fran­çois Mit­ter­rand) … au CCF. Les deux an­ciens ré­seaux du Cré­dit com­mer­cial de France se ver­raient ainsi réunis de nou­veau. Mais le fonds amé­ri­cain Cer­be­rus est loin d’avoir aban­donné la par­tie, après plu­sieurs mois d’exa­men très ap­pro­fondi. Et il est de loin le fonds d’in­ves­tis­se­ment qui a conclu le plus d’ac­qui­si­tions ban­caires en Eu­rope comme ailleurs. Il contrôle no­tam­ment l’an­cienne Lan­des­bank al­le­mande HSH Nord­bank, avec JC Flo­wers.

 

3 réponses à “La Presse en Parle”

  1. Ste dit :

    Je suis cliente de HSBC et je confirme qui c’est vriament une banque horrible. Nous perdons rien a la perdre

  2. Tib dit :

    Aussi client HSBC, je ne peux que déplorer certains aspects anachroniques et peu compétitifs de cette banque. La question est de savoir si cela est du aux contraintes du réseau/marque HSBC ou si c’est juste que la banque est mauvaise localement.

  3. ANTY dit :

    ce n’est pas une banque mais une machine folle. entre janvie 2017 et fevrier 2020 mon compte et passé dans quatre agences, ouvert au siège,
    103 av ds Champs Elysées, je m’interroge sur la localisations des 2 suivantes , savoir PID 419 et PARIS ELYSEES BALZAc, la 4eme FRIEDLAND OU
    PARIS FRIEDLAND n’emprunte à l’avenue FRIEDLAND que le nom de cette avenue partant de la place Ch de Gaulle(anct place de l’Etoile pour semble t’il squatter une partie des bureaux de l’Agenc OPERA;
    Les relevésde compte ne comportent pas les adresses ni des numéros de téléphone direct parmettant de joindre un Conseiller attitré.
    aPPELER FRIEDLAND UNE AGENCE RUE sCRIBE? IL FAUT LE FAIRE;
    mon grand Père paysan disait ” vouloir pèter plus haut que son cul.”

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